Les régions, actrices majeures de l’intégration des territoires français
- Depuis 2015 et la loi NOTRe, certaines nouvelles régions, leurs élus et leurs populations ont donc dû s’adapter à un nouveau découpage.
- Ces collectivités territoriales ont donc dû faire appel au marketing territorial pour se forger une nouvelle identité. Il est primordial pour ces territoires de se faire connaître, de valoriser leurs atouts pour conserver leur population, leurs emplois, leurs entreprises. Des agences de promotion régionale sont en charge de ces actions.
- Chaque région tente de s’individualiser par une image spécifique, lui permettant d’accroître son attractivité. Cette façon de procéder induit, a contrario, une concurrence entre les régions qui espèrent ainsi distancer leurs voisines.
- L’autonomie des régions est devenue de plus en plus importante depuis 1982 avec les premières lois de décentralisation. La région est alors devenue une collectivité territoriale disposant de certaines compétences, dont la gestion des lycées.
- Avec la loi NOTRe, les régions ont des compétences exclusives en matière de transport, d’enseignement secondaire et supérieur, de formation professionnelle, de développement économique, d’aménagement du territoire et de gestion des programmes européens dans le domaine agricole. Elles partagent d’autres compétences avec les communes et les départements.
- Cette autonomie s’est traduite par des initiatives aux échelles nationale et mondiale.
À l’échelle mondiale, les régions ont conclu de nombreux partenariats qui peuvent consister à aider les pays en développement sur des programmes agricoles, à entreprendre des projets de développement durable, de développement économique local ou encore à collaborer avec des pays développés.
À l’échelle de l’UE, la politique de cohésion regroupe l’ensemble des régions des pays membres et a pour objectif de lutter contre les inégalités territoriales avec par exemple des aides financières aux régions dont le PIB est inférieur à celui des autres régions de l’UE.
- La France reste un État centralisé (ce n’est pas un État fédéral comme l’Allemagne) :
les régions françaises ont donc acquis petit à petit une plus grande autonomie, mais celle-ci reste toute relative par rapport à d’autres pays ;
les budgets des régions françaises restent faibles lorsqu’on les compare aux budgets d’autres régions européennes car leur autonomie reste inférieure à celle de beaucoup de leurs voisines.
Cela limite forcément les projets possibles malgré la mise en commun des aides de l’UE, de l’État et de l’intercommunalité pour les investissements les plus importants.
- Enfin, la réforme de 2015 n’a pas forcément eu les effets attendus. Les économies que devaient entraîner la fusion de certaines régions sont parfois des échecs (diminution du nombre d’hôtels de régions et de personnel, mais augmentation des déplacements).
Des résultats différenciés
De nombreuses régions françaises sont bien intégrées au sein de l’UE et dans le monde (régions Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle Aquitaine, Occitanie, région Sud, Hauts de France et Grand Est).
- La région Auvergne-Rhône-Alpes se classe deuxième après l’Île-de-France en termes de PIB, mais l’écart entre les deux régions reste important (709 milliards en 2017 pour l’IDF et 263 milliards pour l’AURA).
- La région Auvergne-Rhône-Alpes se déploie autour de son pôle urbain majeur, Lyon.
- Ses secteurs d’activité industrielle sont la chimie, la pharmacie, l’énergie et les transports, complétés par un pôle universitaire important.
- Cependant, de grandes inégalités socio-économiques existent entre le côté rhodanien plus urbain, peuplé et industrialisé et le côté auvergnat, plus rural.
- Les autres régions se situent en deçà de l’Auvergne-Rhône-Alpes en termes de PIB mais révèlent malgré tout une forte production de richesses dans deux autres zones distinctes : le Sud au sens large (Est et Ouest) et le Nord (Hauts-de- France et Grand Est).
- Bien reliées aux axes principaux de communication, ces régions réussissent leur intégration en se spécialisant :
les régions du Sud, outre leur attractivité touristique, se sont spécialisées dans la haute technologie, les industries de pointe. Technopoles, technopôles et start-up se succèdent le long du littoral et les conditions de travail agréables attirent une main d’œuvre étrangère qualifiée.
les Hauts de France et le Grand Est bénéficient de contacts transfrontaliers dynamisants, et les deux régions sont très proches de la Northern Range. Après la crise industrielle et la fermeture des mines et de nombreuses usines métallurgiques et sidérurgiques, leur reconversion se poursuit.
- L’Ouest et le Centre, à savoir les régions Bretagne, Normandie, Centre Val de Loire, Pays de la Loire et Bourgogne-Franche-Comté demeurent légèrement en retrait dans l’ensemble des régions métropolitaines.
- Leurs PIB sont plus faibles que ceux des régions précédentes (entre 71 et 116 milliards d’euros, chiffres 2017), et elles accueillent moins d’IDE et d’entreprises étrangères.
- Néanmoins, ces régions ont de nombreuses activités économiques dans les secteurs agricole (élevage, viticulture), touristique ainsi que dans des secteurs industriels diversifiés.
- Elles bénéficient également de nombreux atouts :
Les petites et moyennes entreprises sont nombreuses et, dans certaines de ces régions (ex. : Bretagne et Pays de la Loire), les taux de chômage sont les plus bas de France.
Les inégalités sociales sont moins marquées spatialement car les entreprises sont bien réparties sur le territoire de ces régions.
Si le PIB est plus faible en volume, le dynamisme économique n’en est pas moins réel et permet à la population (moins nombreuse qu’en Île-de-France) de rester sur place.
- Les DROM (Guyane, Martinique, Guadeloupe, La Réunion et Mayotte) font également partie des régions en cours d’intégration. Leur PIB se situe entre 3 et 10 milliards d’euros par an.
- L’éloignement par rapport à la métropole, l’insularité (sauf la Guyane) et des activités économiques différentes en font des régions très spécifiques.
- L’industrie principale est agroalimentaire. Quelques activités industrielles sont concentrées dans une région particulière : le raffinage pétrolier (Martinique) ou l’aérospatiale (centre de Kourou en Guyane).
- Localisées en Amérique ou en Afrique, les régions ultramarines sont bien situées pour s’intégrer dans la mondialisation. Pourtant, leurs échanges se font encore très majoritairement avec la France.
- Elles sont pourtant bien intégrées dans l’UE en tant que RUP et peuvent recevoir des aides correspondant à leur statut. Ainsi, elles offrent une ZEE très avantageuse pour la France et l’UE.